Les Vernon de Montreuil-Bonnin et les Gouffier d’Oiron et de Bonnivet

La fortune des Vernon prend une face nouvelle dès l’entrée de Raoul dans la galaxie Gouffier, par son mariage avec Anne en 1507.

Premier chambellan, grand maître de la maison royale, premier panetier, grand écuyer, sénéchal, amiral, ambassadeur, grand fauconnier, abbé de Saint-Denis ou de la Sainte-Chapelle, cardinal, grand aumonier de France, etc., les Gouffier d’Oiron (nord des Deux-Sèvres) et de Bonnivet (2km à l'est de Vendeuvre, Vienne) bénéficient de tous les honneurs sous les règnes de Charles VII, Louis XI, Charles VIII, Louis XII, François Ier et Henri II.

 

Louis XII (médaille) (portrait)

Le château de Bonnivet

Au baptême du dauphin François en 1518, un frère et une soeur d’Anne occupent le devant de la scène : Adrien, cardinal de Boisy, préside la pompe liturgique; et Charlotte (Madame de Brissac) présente l’enfant dont elle est la gouvernante. Ladite Charlotte et son mari René de Cossé-Brissac, suivront d’ailleurs les deux petits princes -François et son cadet Henri, duc d’Orléans- en Espagne, pendant leurs quatre années de captivité.

Un autre frère d’Anne, Artus (mort en 1519), a été gouverneur du duc d'Angoulême -futur François Ier.

Et Claude, fils d’Artus, en tant que grand écuyer depuis 1546, porte l’épée de parade d’Henri II, lors du sacre et du couronnement de Catherine de Médicis en juin 1549.

Epée dans un fourreau fleurdelisé :

insigne de grand écuyer.

Selon le rituel de la Cour, c’est ce même Claude qui eût dû -ès qualités- ajuster le casque d’Henri II dans le tournoi fatal du 30 juin 1559. Si le roi n’avait pas été aussi pressé de courir à son trépas...

La carrière d’Adrien Vernon, le fils de Raoul et d’Anne, sera assurée par sa parentèle Gouffier. Par l’oncle Adrien, le cardinal mort en 1523, à qui il succède comme clerc et trésorier de Saint-Hilaire-le-Grand à Poitiers; puis par le cousin germain Claude, le grand écuyer et marquis de Boisy, qui le nomme lieutenant de sa compagnie de cinquante lances (plus de cinq cents hommes, en incluant pages, valets, archers, coutiliers et autres gens de pied).

Le même Adrien Vernon, " Monsieur de Montreul " comme l’appelle Rabelais, a mandé à Naples un nommé Tremelière -gentilhomme à son service- pour lui " achet[er] quelques coursiers ". Ceux du "royaulme" de Naples jouissaient en effet d'une grande renommée. Le sieur de La Turmelière, près de Liré en Anjou, est René du Bellay, frère du poète de la Pléiade Joachim et cousin du cardinal Jean du Bellay. A son retour de Naples vers Lyon, cet émissaire d’Adrien s’arrête à Rome en janvier 1536. Il y tuyaute Rabelais sur les intrigues nouées autour de Charles Quint alors à Naples.

Francois Rabelais (v. 1494 ?-1553)

Le cardinal Jean du Bellay (1492-1560)

Puis, Rabelais qui séjourne à Rome dans la " famille " du cardinal Jean du Bellay, s’empresse de transmettre ces renseignements à son protecteur Geoffroy d’Estissac, prieur de Ligugé dès 1504, puis évêque de Maillezais de 1518 à 1542 et qui fit construire le doyenné Saint-Hilaire à Poitiers (Lettres de Rabelais datées des 28 janvier et 15 février 1536). La faveur dont jouissent auprès de François Ier les Vernon/Gouffier et particulièrement Adrien -gentilhomme de la chambre-, laisse supposer sous cet achat de chevaux une mission d’espionnage, assez vraisemblable quelques mois avant la reprise des hostilités avec Charles Quint, en juin 1536.

Quant à la soeur d’Adrien Vernon, Anne, dame de Villeblanche, c’est sans doute à la même protection Gouffier qu’elle doit ses fonctions de dame d’honneur de la reine mère (Catherine de Médicis? après 1559, évidemment).

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