Compagnon d'armes de François de La Noue dès 1569, à Jarnac le 13 mars et à Roche-Abeille le 25 juin -respectivement défaite, puis victoire protestantes- ce Poitevin est éduqué quelque temps à Genève auprès de Théodore de Bèze.
Il échappe à la Saint-Barthélémy, parce qu'il a dû fuir Paris où il vient de blesser un agent du guet. Mais quelques jours auparavant, il a assisté au mariage d'Henri de Navarre et de Marguerite de Valois. Dès août-septembre 1573, il est écuyer d'Henri, qu'il aide en février1576 à s'échapper de Paris. Leur première brouille éclate en septembre suivant, marquant le début de leurs relations désormais mouvementées.
Le 31 décembre 1588, il reçoit la capitulation de Maillezais et en devient le gouverneur. Très hostile à l'abjuration d'Henri IV en 1593, il compte parmi les plus intransigeants des " fermes " huguenots, opposés aux " prudents ".
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Pendant la régence de Marie de Médicis, il participe en tant que maréchal de camp au soulèvement mené par le prince de Condé -le petit-fils du vaincu de Jarnac. De nouveau en avril 1620, il se joint à un soulèvement calviniste -cette fois avec le duc de Rohan, contre le favori de Louis XIII, le duc de Luynes. Proscrit en septembre 1620, il se réfugie à Genève où il termine sa vie.
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Ce chef militaire est aussi un écrivain . Il témoigne de son expérience directe d'une cinquantaine d'années passées au coeur des troubles politico-religieux de son temps, soit dans son poème Les Tragiques, soit dans son Histoire universelle -condamnée au bûcher par le tribunal du Châtelet le 2 janvier 1620-, soit encore dans Sa vie à ses enfans. Dans cet écrit plus personnel, il explicite son rôle lors de l'assaut donné au château de Montreuil-Bonnin : " ...il [lui-même] exécuta ... ce qui est dit du capitaine qui causa la prise de Montreuil " et qui est raconté au chapitre VIII de l'Histoire universelle. Les éditions Droz et Gallimard de cette oeuvre datent le siège de 1591 ou 1592.
Dans un contexte ultérieur et moins guerrier, d'Aubigné revint à Montreuil, écouter de la musique chez son ami Odet de La Noue. L'un et l'autre s'intéressèrent aux expériences prosodiques lancées par Jean Antoine de Baïf (1532-1589), de composition en français de vers mesurés comme en grec et latin.
Dans son roman satirique, Les Aventures du baron de Foeneste, publié en 1617-1620 et 1630 pour l'édition définitive, il fait figurer à plusieurs reprises les La Noue.
Parmi les " force vaillans hommes du siècle " qui furent prisonniers, il compte " ceux de La Noue ", aux côtés de membres des familles de Bourbon, Châtillon, Biron, Montgomery (Livre IV, chap. XIX, " Triomphe de la poltronnerie ").
L'armée protestante étant composée surtout de volontaires, les nobles de la religion réformée lèvent des troupes sur leurs terres : ainsi François de La Noue qui, en mars 1573, durant le siège de La Rochelle, s'est entouré d'une garde personnelle de huit mousquetaires et vingt-neuf arquebusiers. A assumer les charges de guerre -soldes, équipement, vivres, fourrage, rançons-, ces seigneurs protestants se ruinent.
Ce fut le cas de François de La Noue sacrifiant sa vaisselle d'argent pour payer les reîtres allemands qu'il a recrutés. Dans le huitième de ses Discours politiques et militaires, rédigés en captivité entre 1580 et 1584, il reconnait "combien les gentilshommes françois sont décheus de cette ancienne richesse dont leurs maisons estoient ornées, sous les règnes de nos bons roys Louis douziesme et François Premier". D'ailleurs, à sa mort, il déplore le " mauvais état de ses affaires domestiques ", comme le relate son ami Jacques-Augustin de Thou (1553-1617).
Tel fut aussi le cas de son fils Odet, qui eut à coeur d'éponger ces dettes d'honneur et qui figure ainsi dans les Aventures du baron de Foeneste (Livre IV, chap. XX, " De la gueuserie ".): " force seigneurs d'illustres maisons tous visages abattus hormis un qui consolait ses compagnons, et c'était (si la semblance ne me trompe) Odet de La Noue, tout resjoui d'avoir trouvé à vendre une de ses maisons à demi-prix ."
Et le roi Henri IV lui-même s'est soucié d'éviter la ruine à ses fidèles lieutenants La Noue, comme l'atteste le dernier des articles particuliers et secrets de l'édit de Nantes.